Il y a quelques semaines, j’ai écrit pour me soulager. Je devais écrire noir sur blanc, la fatigue que je ressens à toujours me battre. Mais je n’ai pas eu le courage de le publier. Aujourd’hui, jour où j’ai repris du poil de la bête, je le publie.
Sarah, tu es forte.
On m’a toujours appris à me battre, à être forte, à avancer quoi qu’il arrive, à accepter les épreuves et repousser les limites.
J’ai dégoté mon premier job étudiant à 16 ans, mon premier vrai job m’a été proposé alors que je n’avais pas encore fini mes études.
J’ai emménagé avec mon copain d’époque, j’ai construit une vie, enchaîné les jobs toujours plus passionnants. La culture, les jobs passions vous connaissez ?
Mais il y a un hic.
A force de se battre, de repousser les limites, de son mental, de son corps, un jour, on lâche.
La société nous montre chaque jour comment nous dépasser. Ce que l’on doit accepter ou non, ce qui est normal ou non. Vous trouverez sur Linkedin, mille et un articles qui vous expliquent les bonnes façons de manager, ou encore tout simplement comment faire votre job.
Sur Instagram, vous verrez le monde merveilleux des fashionistas ou des adeptes du sport. Comment toujours vous dépasser pour être dans la norme. Faire les plus belles photos pour montrer au monde entier comment votre vie est cool, et que vous êtes “accomplis”.
Malgré des études qui m’ont appris l’envers du décor, j’ai fini par suivre ces dictats.
Aujourd’hui, cela fait 10 jours que j’ai arrêté de me battre. Un jour, je ressemble à une larve dans mon canapé, l’autre jour, je deviens une magna du ménage. J’ai toujours apprécié l’ordre, le rangement, les dossiers classés. Aujourd’hui, si je ne fais pas la vaisselle, je ne m’en rends à peine compte.
Mon entourage me répète : Tu es forte Sarah, tu vas vite rebondir. Tu as toujours rebondi, dans toutes les situations. Tu changes de boulot, tu déménages, tu reconstruis ta vie aisément. Ça va aller.
Mais depuis dix jours, je ne rebondis plus. Je n’ai plus envie de courir.
Evidemment, je ne parle pas de sport, parce que ça non plus, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je ne suivrai pas les fanas de yoga, je n’essaierai pas de trouver un sens à ma vie en courant, ou en partant en randonnée comme dans “Wild”.
Comment est-ce arrivé ? Un enchaînement incroyable de situations inattendues. On m’a parlé de la loi des séries, mais je pense de loin l’avoir dépassée. Une rupture difficile, une fausse promesse d’emploi qui finit par aboutir au bout de deux mois sans travail pour ensuite être virée au bout d’un mois de la pire des façons, avoir perdu tous mes droits et donc n’avoir aucun revenu … et c’est pas fini mais c’est déjà beaucoup trop long.
Aujourd’hui, j’ai mal au dos (et le reste) parce que je reste trop allongée dans mon canapé Ikea. Je n’ouvre pas la porte quand on y sonne. Je pleure avec mes deux chats devant Gilmore Girls, que j’ai vu 40 fois mais je n’ai pas le courage de commencer quelque chose de nouveau. J’envoie des CV sans y croire. Je joue à l’Euro Millions avec de l’argent que je n’ai pas, parce qu’après tout ça, j’estime que l’univers me le doit bien.
Si je le vis, c’est que je devais le vivre, que je devais en tirer des leçons. Lesquelles, j’espère le découvrir très prochainement.
J’aimerais écrire pour terminer : Les choses vont changer et je vais reprendre ma vie en mains. Mais pourquoi se promettre ce genre de choses. Pour la première fois en 30 ans, je pense que je vais accepter la situation sans me battre.


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